Brexit et Union de la Gauche

Retrouvez mon interview dans la Voix du Nord, Édition de Calais

Philippe Blet prône l’union de la gauche

Désormais membre des Radicaux de gauche, l’ancien premier adjoint de la ville de Calais et ex-président de l’agglomération du Calaisis Philippe Blet, évincé en 2015, s’inquiète des conséquences du Brexit pour le Calaisis.

par Éric Dauchart | 07/02/2019

Depuis son éviction de la présidence de l’agglomération Grand Calais Terres et mers en 2015, Philippe Blet, ex-premier adjoint de Natacha Bouchart, a retrouvé son emploi d’éducateur. Désormais dans l’opposition, il a adhéré aux Radicaux de gauche. C’est en tant que membre du comité national qu’il a reçu le co-président de son parti, Stéphane Saint-André pour évoquer le Brexit. Le Calaisien estime qu’il y a « urgence ».

« Les destins du district de Douvres et du Calaisis sont liés. Quand l’un est malade, l’autre s’enrhume… Calais, sans la Grande-Bretagne, ne serait qu’une sympathique bourgade. Or, grâce aux Britanniques, il y a eu de grands investissements : Port 2015, gare de Fréthun, A16, A26, tunnel sous la Manche… J’ai peur que demain, en raison du manque d’anticipation à tous les niveaux, les règles changent », explique Philippe Blet.

L’élu s’en prend d’abord au gouvernement qui, à moins de deux mois du Brexit, « commence à paniquer en construisant deux bâtiments pour les douanes… ». Il regrette aussi que l’agglomération n’ait pas « prévu une enveloppe sur la sortie du Brexit ». Par contre, il souscrit à l’idée du président de la Région Xavier Bertrand « de créer plusieurs zones franches sur le territoire ».

Il insiste sur la voie ferrée à l’est

Marqué par un accident sur la rocade portuaire « qui a créé en quelques minutes des kilomètres de bouchon », l’ex-président de Cap Calaisis craint de voir « des files d’attente de camions. La situation va être très compliquée, le territoire et les habitants vont souffrir. Il y aura un impact sur le développement économique local ».

Enfin, celui qui est à l’origine de l’acquisition des terrains de la zone de la Turquerie déplore le manque d’action des élus locaux et régionaux auprès de la SNCF « sur le projet de voie ferrée à l’est. Quand on a acheté ces terrains, c’est pour y faire de la logistique car c’est quatre fois moins cher chez nous qu’en Angleterre. Et il fallait une voie ferrée. Ça coûte 70 millions d’euros ? L’État, la Région, l’agglomération et la SNCF doivent y participer ».

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– Pourquoi avoir adhéré aux Radicaux de gauche ?

« Je suis membre des Radicaux depuis un an. J’ai eu des difficultés relationnelles avec le MRC que j’ai quitté. Puis, le Front démocrate, où j’étais adhérent, a disparu avec son soutien à Emmanuel Macron. Il y a eu ensuite la fusion entre le Parti radical de gauche et les Radicaux Valoisiens avec la création dans la foulée des Radicaux de gauche avec ceux qui n’étaient pas d’accord… Nous reconstruisons un mouvement radical et j’estime que oui, la gauche et la droite, ça existe. J’ai l’impression d’être revenu à la maison. Je reste social-démocrate, européen, républicain, laïc… Dans la lignée des Mendès-France ou Rocard. »

– Après en avoir été le premier adjoint pendant sept ans, avez-vous envie de vous présenter à la mairie de Calais en mars 2020 ?

« Je participerai à cette aventure dans le cadre d’un regroupement de la gauche, avec ma sensibilité, avec ceux qui le souhaitent. Avec les autres partis nous sommes plus ou moins proches mais nous avons un devoir, de faire en sorte que demain, nous puissions être capables de proposer une alternative. Nous devons rassembler, innover et protéger la population. Il faut créer le vivre ensemble ».

– Visez-vous la tête de cette liste d’union ?

« Ce n’est pas la question. La question est d’abord de se retrouver autour d’une table ».

– Avez-vous un sentiment de revanche par rapport à votre éviction de la présidence de l’agglomération ?

« En politique, rien n’est pire que le sentiment de revanche. C’est malsain. Moi, ça va, merci. Je n’ai pas de revanche à prendre. »