Réponse du Front Démocrate au courrier de Jean-Christophe Cambadélis aux partis de gauche et écolos

Paris, 14 septembre 2015

Monsieur le Premier Secrétaire,
Cher Jean-Christophe,

Jamais, en temps de paix, l’extrême droite n’avait été aussi puissante dans notre pays et ses idées autant répandues au sein de la population.

Jamais, dans notre pays, la droite, fille comme la gauche, de la Révolution française, n’avait vu nombre de ses dirigeants exprimer des positions aussi à droite, aussi proches de celles de l’extrême droite.

Cela ne peut pas être seulement « la faute à pas de chance », ou à la situation économique, la gauche ne peut pas refuser de voir qu’elle y a sa part de responsabilité.  Que ses manques, ses archaïsmes, ses aveuglements ou ses faiblesses et, plus près de nous en 2012, une certaine impréparation aux responsabilités et la difficulté à dire rapidement la réalité de l’état du pays, ont creusé le vide dans lequel s’est engouffré ce poison mortel pour la République.

C’est pourquoi on ne peut que souscrire à ce que tu dis ce matin Jean-Christophe, dans ta Lettre ouverte à la gauche et aux Écologistes lorsque tu affirmes d’emblée « la gauche doit changer […] Il faudra radicalement muter ».

C’est à cette mutation, que nous nous sommes attachés, en constituant il y a un an le Front démocrate écologique et social.
C’est à cette mise à jour du logiciel et des pratiques politiques, que nous nous sommes consacrés, dans un monde globalisé, où les décisions qui pèsent sur nos vies de chaque jour, peuvent intervenir à Shanghai, dans la Silicon Valley, à Paris autant qu’à Riyad, où la croissance économique ne garantit pas le bonheur, où l’accroissement de la richesse d’un pays n’est pas le gage de l’amélioration de la vie de ses habitants.

Face aux immenses défis de l’avenir la planète, face aux immenses défis qu’affronte notre Nation, face à l’immense défi qu’est la construction de notre continent, l’Europe, en communauté humaine, capable de s’unir et de peser sur son histoire, nous ne pouvons pas présenter l’image de partis sclérosés, tout entiers tournés vers des calculs boutiquiers, plus encore animés par les intérêts de quelques baronnets locaux, que par une controverse idéologique dépassée ou mal posée.

Oui, Il faut dépasser tout cela. Oui, on ne fera cela que dans une large alliance. L’alliance de tous ceux qui, par-delà leur histoire, venus du centre, de la gauche, de l’écologie, du syndicalisme de l’action sociale, du monde associatif, de tout ce foisonnement d’actes et de réflexions que la crise de la politique n’a pas interrompu dans notre pays, sont prêts à se battre, ensemble pour ouvrir les portes de l’avenir.

Cette alliance ne peut se limiter à l’addition de petits et de grands appareils, cette Alliance doit rassembler, donner une perspective à tous ceux qui aujourd’hui dans leur vie sociale, politique, économique, représentent la possibilité d’un avenir à gauche, et ne sont aujourd’hui dans aucune formation politique.

C’est à leur présence – de la base au sommet – et à leur engagement, que se jugera la réussite de ce projet.

C’est leur force qui lui donnera un souffle majoritaire.

Dans les jours qui viennent, alors que le Parti socialiste dont tu as la responsabilité, a beaucoup appelé au rassemblement autour de lui pour les élections régionales, nous verrons comment nous sommes capables, dans un temps très bref, mais sur un sujet important pour la vie quotidienne des Français, de trouver la force, les voies et les moyens, de surmonter les petits intérêts, les petites dynasties, les petits calculs, pour présenter, ensemble un visage d’avenir à nos concitoyens.

Le test, grandeur nature, est devant nous.
À ta proposition, Jean-Christophe, nous répondons résolument « oui ».
Des mots, passons aux actes, dès maintenant.

Jean-Luc BENNAHMIAS
Président du Front Démocrate, écologique et social

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