Au lendemain des élections municipales à Calais, interview

Retrouvez mon interview sur le Nord Littoral du 2 avril 2014

Après la réélection de Natacha Bouchart et de son équipe dimanche, Philippe Blet revient sur le scrutin et évoque ce qui attend l’agglomération dans les jours qui viennent

Le premier adjoint sortant et actuel président de Cap Calaisis n’est évidemment pas mécontent du résultat de dimanche soir : « On a la satisfaction du travail accompli ces six dernières années, ça a payé. Les Calaisiens ont compris le travail qu’on a réalisé à la ville comme à l’agglomération ».

Dans ce mandat qui commence, Philippe Blet va redevenir simple adjoint à Calais pour passer plus de temps à l’agglo.

Le vendredi 11 avril, les nouveaux élus vont se réunir pour désigner leurs prochains président et vice-présidents. Philippe Blet ne doute pas de sa reconduction à tête de Cap Calaisis : « Nous avons voté une motion qui donne la présidence à un Calaisien ». Les vice-présidences seront partagées selon la taille des communes : 5 pour Calais, 2 pour Marck, et une pour Coulogne, Coquelles et Sangatte respectivement. « Quand Natacha Bouchart et moi avons présenté notre liste, les gens savaient ce qu’ils faisaient en glissant leur bulletin dans l’urne. Le partage des responsabilités était défini. La municipalité pour Natacha et l’agglomération pour moi. Nous avons signé un accord politique  », insiste-t-il.

Philippe Blet ne s’attend pas à une révolution au sein de Cap Calaisis : « Depuis 2008, on a voté 99,99 % des délibérations à l’unanimité. Il y a eu du changement dans certaines communes : certaines sont passées à gauche, d’autres à droite. Mais une agglo doit accompagner les politiques des communes. Même si les majorités ont changé, les maires ne refuseront pas les travaux des équipements communautaires, les travaux à la base de char à voile de Marck ou la participation financière de Cap Calaisis pour la rénovation du pont de Coulogne par exemple  ».

« Il faut bâtir un état d’esprit » La transition avec les nouveaux élus sera aussi plus facile : « Il nous avait fallu plus de temps en 2008, il fallait attendre que les conseils municipaux s’installent et désignent leurs représentants », remarque Philippe Blet. Cette fois, ils ont été élus en même temps que les conseils municipaux : « On va leur remettre la feuille de route 2008-2014. Les anciens élus la connaissent déjà ; pour les nouveaux, ce sera l’occasion de réviser ».

Une des nouveautés de cette élection est l’arrivée à Cap Calaisis des oppositions municipales : « Les minorités des conseils municipaux seront maintenant représentées. Elles pourront travailler dans les différentes commissions, faire des propositions. On va avoir des réunions pour décider comment organiser les choses et intégrer ces minorités dans les différentes instances de Cap Calaisis. Il faut bâtir un état d’esprit ».

Le colistier de Natacha Bouchart s’attend à quelques piques en provenance de Jacky Hénin : « Il va faire de la bouillabaisse comme il l’a fait entre les deux tours. Mais il doit respecter le scrutin de dimanche : nous avons été élus avec plus de 52 % des suffrages exprimés. On ne peut pas faire avancer un territoire dans l’antagonisme ».

Dans la semaine qui suivra l’installation de cette nouvelle agglomération, les conseillers communautaires auront du travail : « Il va nous falloir constituer les différentes commissions, choisir nos représentants dans les différentes structures auxquelles l’agglo participe. Il va aussi falloir qu’on lance le débat d’orientation budgétaire : le budget doit être voté avant le 30 avril. Il faut se remettre très rapidement au travail  ». D’autres grandes étapes accompagnent cette date butoir : « Nous devons poser un agenda et valider notre projet de territoire, voter le PPI (plan pluriannuel d’investissements) pour les six ans à venir. A partir de là, chacun aura une feuille de route claire  ».

« Les Calaisiens ont compris nos efforts »

La victoire de Natacha Bouchart réjouit évidemment Philippe Blet : « Ça récompense les efforts fournis pour améliorer l’attractivité de la ville, revaloriser Calais-nord, accompagner les entreprises. A quelques détails près, notre programme et celui du PS étaient très proches. Alors que celui du PC représente un monde d’enfermement, qui ne veut pas capter les énergies extérieures. »

Philippe Blet reconnaît aussi que la majorité sortante « a bénéficié d’un rejet de Jacky Hénin » : « Quoi qu’il dise, il n’a pas changé, il n’y a qu’à lire ses textes et ses tracts. Jacky Hénin, on le connaît. En ce qui concerne Yann Capet, il faudra qu’il relise bien son programme électoral. Il nous a reproché pendant une partie de la campagne d’avoir siphonné son programme… Sur beaucoup de projets, il ne pourra pas voter contre. »

Il reste philosophe sur l’arrivée du FN à l’hôtel de ville : « Hélas, ils font leur entrée au conseil municipal mais quand on voit le score du Front national dans les autres communes, on peut considérer qu’on a réussi collectivement – à droite et à gauche – à réduire leur importance. C’est quand même une satisfaction. Il y a quelques centaines de “fachos” à Calais” mais la plupart des électeurs du FN sont des gens qui souffrent auxquels on n’a pas su apporter de réponse ».pdt_agglo_NL_2avril2014

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