Municipales 2014 : mon interview dans le journal local

philippe_blet_NLVous trouverez ci-dessous mon interview dans le Nord Littoral du 2 septembre 2014.

Quel bilan tire-t-il de son expérience politique ? L’état des lieux de Philippe Blet

Le bilan de son expérience politique « Quand je suis arrivé ici, il n’y avait que de beaux discours. Mais les beaux discours, ça ne fait pas tout.

Il n’y avait pas d’outils d’intervention économique. Nous avons créé un fonds communautaire d’appui à l’innovation dont ont bénéficé Meccano, Tioxide ou Schaeffler avec une certaine réussite. Calais était le seul territoire en France à ne pas disposer de couveuse d’entreprises, c’est chose faite depuis trois ans et demi. Aujourd’hui, à Calais, on a le droit de se planter et de pouvoir repartir.

Nous avons mis en place un fonds de soutien à l’artisanat. Nous avons fait d’énormes progrès dans la gestion foncière. Je vais prendre un exemple volontairement fou : si une entreprise comme Coca Cola avait voulu s’installer à Calais avant 2008, on n’aurait pas eu les moyens de l’accueillir parce qu’on n’avait pas la place, les outils. Nous avons aussi un service archéologique pour les diagnostics.

De grands projets ont été lancés comme celui de la Turquerie, Spyland. On m’interpelle parfois sur le sujet du palais des Congrès. On me dit : »Ça ne servira à rien ». Je réponds : »Dans le désert, d’accord mais ici à Calais, ce palais s’intègre dans une politique globale où la culture et l’éducation ont toute leur place. Quel meilleur exemple que de voir la friche de Prisunic remplacée par un équipement culturel comme l’école d’Art ?

Quand on est arrivé, il n’y avait pas de projet pour le territoire. Aujourd’hui, on a une vision générale et on peut avancer. » Convaincre que Calais est un territoire qui bouge « Le principal enjeu des prochaines élections sera de faire entendre aux Calaisiens que leur territoire est en mutation et que les politiques engagées vont donner des résultats. Les choses bougent. On oublie que Calais est l’un des tout premiers territoires créateurs d’emplois dans la région. La dynamique est là mais on l’oublie parce qu’il y a plus de destructions que de créations d’emplois.

À Calais, le tissu entrepreneurial est plus faible qu’à Dunkerque ou Boulogne. Or le nombre d’entreprises, même si elles vacillent, fait figure de digue contre le tsunami qu’est la crise. On doit travailler sur l’image de la ville. On vit sur une pépite mais trop de Calaisiens l’ignorent. »

Le taux de chômage élevé peut en décourager plus d’un… « Sur un certain nombre de dossiers comme la Turquerie, on aurait aimé avancer plus vite. Je me souviens d’une phrase de Jacques Attali qui disait que « les charmes de l’administration française plombaient un ou deux points de PIB ». Au bout de six ans de présidence à la communauté d’agglomération, je peux vous dire que c’est une réalité. »

Créer un levier de confiance essentiel au territoire grâce à nos infrastructures « Quand on voit un reportage sur la Majest’in qui passe sur TF1, on peut être fier et les Calaisiens le sont. Ils en discutent entre eux. Ils apprécient que l’on parle de Calais en bien. L’image que l’on a de leur ville à l’extérieur, le regard des autres rejaillit sur eux. C’est quand même un peu plus positif que lorsqu’on voyait Besson botter les fesses à quelques migrants au JT.

Mais les infrastructures ne suffisent pas. Il faut savoir les utiliser et c’est notre rôle à nous politiques. À quoi servent les belles cathédrales si on ne sait pas les faire vivre ? Comme Hénin… Nous avons transformé sa base de voileux en une base de voile et de loisirs, qui est aujourd’hui un vrai lieu de vie.

Une fois que le port de plaisance sera réaménagé, pourquoi ne pas organiser une grande fête maritime, une année sur deux, à côté du festival des violons et chants du monde qui est une vraie réussite ? »

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Le président de Cap Calaisis et premier adjoint de Calais évoque trois scénarios

Municipales 2014: Philippe Blet se verrait bien repartir avec Natacha Bouchart… Si elle veut

Philippe Blet a apprécié de travailler au sein d’une liste d’ouverture. Dans quelques mois, Philippe Blet se lancera peut-être dans la bataille des municipales. Si l’élu s’est montré jusqu’ici assez discret sur son avenir, il a semé quelques petits cailloux dont on reparlera sans doute.

Nord Littoral : Il se murmure que vous organisez des réunions publiques en comité restreint.

« Je ne commente jamais les rumeurs… » Il ne s’agit pas de rumeurs. Certains de vos proches se disent même prêts à être sur votre liste à condition de ne pas être tête de liste. « Je ne suis pas dans un pseudo-activisme. J’ai toujours été au contact de la population.

Au MRC, il y a une vraie équipe militante capable d’apporter des idées au territoire. Le parti est en ordre de marche. Il y a une cinquantaine de militants. Récemment, nous avons distribué près de 30.000 tracts. Mais les réflexions concernant les municipales ne débuteront pas avant octobre-novembre. »

NL : Mais que va faire Philippe Blet ? À quelques mois des municipales, vous avez forcément déjà réfléchi à la question, non ?

« Cela viendra un peu plus tard. Disons qu’il y a trois scénarios possibles : participer à une liste d’ouverture comme ce fut le cas en 2008, rejoindre une liste de gauche non-communiste, partir seul sous l’étiquette du MRC »

NL : Vous avez une préférence ?

« La question, c’est : est-ce que l’offre politique sera à la hauteur ? Je suis de la majorité sortante. Le bilan est globalement positif. En 2008, Natacha Bouchart a eu ce coup de folie politique qui a fonctionné parce qu’elle a créé les conditions politiques pour. Est-ce qu’elle va créer ses conditions pour repartir ensemble en 2014 ? » En interne, il y a quand même eu des moments plus difficiles que d’autres.

NL : N’y a-t-il pas un risque que des tensions réapparaissent à l’approche des élections ?

« En entrant dans la majorité, le contrat était clair. Chacun a gardé sa liberté tout en étant loyal envers le projet municipal qui a été validé devant les Calaisiens. »

NL : Il n’y a donc jamais eu de problèmes entre vous et Natacha Bouchart…

« C’est notre ménage et ça ne regarde que nous. Cela n’intéresse pas les Calaisiens. Si j’ai des remarques à faire à Natacha Bouchart, je les lui ferai face à face et certainement pas par voie de presse. Une équipe UMP-Gauche, ce n’est pas simple. Il y a eu des moments très tendus comme lorsque Besson est venu visiter la Jungle, je n’étais pas très à l’aise. Il y avait un vrai clivage entre Natacha Bouchart et moi-même. J’ai toujours pensé que le problème des migrants n’était pas un problème en soi. »

NL : Revenons à votre stratégie…

« (Il coupe) Je n’ai pas de stratégie. Ce n’est pas comme ça que ça marche. »

NL : Mais vous avez évoqué trois scénarios et vous parlez beaucoup de la liste d’ouverture. Vous avez bien une petite préférence…

« J’ai donné les scénarios dans l’ordre. » Donc vous vous verriez bien repartir avec Natacha Bouchart.

NL : Elle vous en a déjà parlé ?

« Je n’ai pas dit exactement ça… On parle des municipales mais je ne sais pas ce qu’elle va faire. C’est elle qui a les clés. Est-ce que Natacha Bouchart va reconduire le même état d’esprit pour 2014 ? »

NL : Le maire de Calais ne vous a donc pas encore dévoilé ses intentions. N’est-ce pas frustrant ?

« Oui c’est frustrant… Mais en politique on apprend à gérer ses frustrations. Et un élu ne fait que cela devant les projets retardés par les méandres administratifs. »

NL : Vous parlez beaucoup de la liste d’ouverture et de Natacha Bouchart mais très peu du PS et de Yann Capet. Vous vous parlez ?

« Mais je suis de gauche. Ma ligne politique n’a pas changé. J’ai cru comprendre qu’il voulait participer à la grande fête du mois de mars, tant mieux s’il est là. »

NL : Vous lui avez parlé ?

« Je connais Yann Capet depuis de très nombreuses années… On se dit bonjour quand on se croise, on se parle, car on est des gens polis. Voilà. »

NL : Mais vous n’avez jamais évoqué une quelconque stratégie pour les municipales avec lui ?

« (Il hésite). Je ne répondrai pas à cette question. »

NL : Si vous vous présentez aux prochaines élections, quel programme présenterez-vous ?

« L’une de mes frustrations, c’est de n’avoir pu apporter une vraie réflexion sur l’économie sociale et solidaire. La volonté politique, on l’a, je l’ai mais il nous manque des partenaires. Ensuite, j’insisterai sur trois piliers : l’éducation, la formation et la culture. C’est un réel enjeu pour notre territoire. »

NL : Vous aimeriez rester premier adjoint ou à un autre poste ?

« Je ne suis candidat à rien. Je n’ai jamais revendiqué d’être tête de liste. Je suis juste candidat à ma propre succession, ici à Cap Calaisis. Quel que soit le scénario qu’il y aura en 2014, je resterai fier d’une chose. Avant 2008, certains n’allaient même plus voter, persuadés de l’issu du vote, que le PC allait l’emporter. Le duo Bouchart-Blet a redonné de la respiration démocratique à Calais. En mars 2014, les Calaisiens décideront… » Propos recueillis par P.H. et J.P.

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